Etoile 10 (pour DYS)

Etoile 10 (pour DYS)

Bienvenue en classe ULIS collège

 

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Cela fait bien longtemps que je n’ai pas écrit d’articles. J’ai passé une année de CM2 tranquille l’année dernière. Ma fille passait sa sixième année consécutive dans la même école primaire, et tout le monde la connaissait (et me connaissait bien aussi;) …). Elle avait la même AVS depuis le CP, et cerise sur le gâteau, j’avais introduit un allié de poids dans l’école : son ergothérapeute, qui venait faire sa séance là-bas. Il communiquait donc directement à la maîtresse et à l’AVS les consignes pour l’aider dans son travail : l’utilisation de l’ordinateur, l’organisation matérielle, l’utilisation des outils aimantés pour la géométrie, etc.

Si par malheur, quelque chose ne se passait pas bien, il me disait : « pour éviter de passer pour la mère pénible, commencez toutes vos phrases par :  l’ergothérapeute a dit que…. ».

Ce fut une année de soulagement, tout était rodé, les devoirs étaient parfaitement adaptés à ma fille et sa prise en charge optimale avec une AVS qui la connaissait par cœur.

De plus j’étais aussi soulagée car j’avais trouvé une ULIS adaptée pour elle pour son entrée au collège.

 

Quelle ULIS ?

L’ULIS, Unité Locale d’Inclusion Scolaire, est un dispositif présent dans certains établissements scolaire (primaire, collège), dont l’objectif est de permettre aux enfants « à besoins particuliers » (j’adore cette expression très politiquement correcte de l’éducation nationale…) de poursuivre une scolarité dans un établissement non spécialisé.

 

L’ULIS est une réponse à la loi 2005 sur le handicap, qui prône l’inclusion scolaire pour tous les enfants. L’inclusion, c’est quand l’environnement s’adapte à l’enfant. Quand on accepte l'enfant mais dans un cadre spécifique et qu'on lui demande d' s'y adapter, c’est de l’intégration. La notion n’est pas la même, vous voyez la nuance. Dans la notion d’inclusion, c’est donc aux enseignants de faire l’effort de s’adapter aux « besoins particuliers » de l’enfant.

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En ULIS Collège, les enfants entrant dans ce dispositif sont 12 maximum (répartis entre la 6ème et la 3ème), ils suivent les cours de mathématiques et français (ou autre selon chaque enfant) dans la classe ULIS avec un coordinateur ULIS, et le reste des cours, ils sont intégrés dans une classe « normale ».

 

Le coordinateur est le relais avec les autres profs pour veiller à une bonne adaptation des cours et une AVS-co est détachée auprès de l’enfant si besoin. C’est donc un réel dispositif d’inclusion… sur le papier en tout cas.

 

Ma fille est dans un ULIS TSLA (Troubles Sévères du Langages et des Apprentissages) … ou autres troubles cognitifs (c’est pas bien clair pour moi, l’ULIS ayant ouvert il y a un an)

 

Après un trimestre, quel est le premier bilan ?

 

Les points positifs

 

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Ma fille est totalement intégrée dans sa classe « normale », et elle adore y être. Elle a des copines. J’aurais pensé qu’elle se lierait plus avec sa coordinatrice ULIS et les enfants qui y sont, mais pas du tout ! Elle est beaucoup plus bavarde et impliquée quant il s’agit de sa classe. Certes, sa différence n’est pas toujours bien comprise (ses copines disant à leurs parents : « mais non, elle n’est pas handicapée du tout ! »), et j’ai dû expliquer à quelques mamans pourquoi elle était si peu bavarde au milieu de ses copines : il est toujours aussi difficile pour elle de faire une conversation banale avec les autres par exemple. Mais la chance est d’être dans un établissement privé très sélectif, et du coup, les parents sont tous très impliqués et vigilants sur l’éducation de leur enfant. De plus, la direction prête une grande attention à l’inclusion de chacun, et les valeurs de respect, de différence et de tolérance sont réellement présentes.

 

Au niveau des cours, certains professeurs jouent parfaitement le jeu et donnent des cours simplifiés photocopiés, et des évaluations adaptés (toutes faites dans la classe ULIS avec une AVS).

En français et en mathématiques, on ne peut pas faire plus du sur-mesure : ma fille revoit les bases, les supports sont variés, on essaie de voir comment l’accrocher ; il n’y a pas de freins pour le passage à l’ordinateur.

 

Son emploi du temps est allégé : elle finit plus tôt le mardi et est libérée le vendredi après-midi. Cela lui permet d’aller voir l’ergothérapeute, l’orthoptiste et l’orthophoniste.

 

J’ai déjà eu une réunion ESS avec une enseignante référente très pro ; la professeur principale, qui est la prof de français et qui ne l’a donc qu’en heure de vie s’implique aussi bien avec elle.

 

 

Mais…. Parce qu’il y a un mais….

 

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Malgré tout ce qui est mis en place, ma fille s’épuise. Pourquoi ? Parce qu’elle fait d’énormes efforts pour tout.

 

En terme d’organisation, c’est la panique : gérer 10 matières différentes, un agenda, avec des devoirs à faire à l’avance… Elle se noie dans le rangement de ses classeurs. Elle met 20 minutes à faire son cartable la veille, et le revérifie le lendemain au réveil pendant 10 minutes (le trouble anxieux s’ajoute à la dyspraxie). Je l’ai laissé faire ce trimestre, mais je vais prendre la relève en janvier.

 

Elle ne sait absolument pas fixer des priorités et des importances aux tâches : la révision de la chanson de musique ou le rangement de son classeur SVT sont aussi importants que la leçon complète du cours d’histoire pour l’évaluation, par exemple.

 

De mon côté, je me suis sentie envahie par elle : elle me demandait de l’aide au coup par coup, mais cela pouvait être 3 ou 4 fois par jour. J’ai repris les habitudes oubliées de retravailler toute la leçon avec elle, preuve que les supports ne sont pas si bien adaptés que cela… et pour cause : les professeurs font un « cours ULIS », alors que justement, dans ce dispositif, il n’y a pas 2 profils identiques, il faudrait donc un cours spécifique pour chaque enfant…

 

J’ai donc aussi repris les choses en main de ce côté en lui affichant un semainier, où l’on inscrit le dimanche tous les devoirs prévus pour toute la semaine, à des créneaux horaires précis, comme cela, elle a une visibilité du temps prévu (et du temps libre aussi, qui lui est nécessaire pour souffler et dont elle a la sensation de manquer). Et moi aussi, j’ai une visibilité du temps qu’elle va me prendre, j’en ai aussi grandement besoin.

 

Côté collège, certains professeurs ne font aucun effort d’adaptation. Hélas.

 

Enfin, ma fille a repris son mécanisme de défense favori, comme je le craignais avec la coordinatrice ULIS, qui lui fait les cours de maths, de français et toutes les évaluations : le blocage ! J’ai pris un coup sur la tête en ESS quand j’ai appris qu’elle n’y arrivait pas avec ma fille, qui était extrêmement têtue (c’est la seule des 11… ).

 

Conclusion : elle est évaluée bien en dessous de ses compétences réelles (qui ne sont déjà pas au niveau d’un enfant de 11 ans).

 

Et j’ai repris un coup sur la tête quand sa prof principale lui a demandé d’être « douce et docile ». J’ai tenté de faire comprendre que ma fille réagissait ainsi parce qu’on la confrontait en face à face avec ses plus grosses difficultés. Tout le monde reconnaît qu’elle est très volontaire, mais on lui demande pourtant de faire encore plus d’efforts.

 

Tout ceci montre les limites de l’inclusion.

 

En conclusion (provisoire...)

 

J’en suis venue à la conclusion que j’avais déjà depuis des années : pour une instruction efficace et adaptée, il faudrait un précepteur à ma fille. Et 2 heures de cours par jour, plutôt que 6 ou 7, où elle passe 80 % de son temps la tête ailleurs.

 

En revanche, pour une intégration sociale, je dois dire que je ne connais pas encore de dispositif plus adapté qui puisse exister pour elle. Car au final, je suis critique, mais le plus important demeure : elle est contente d’aller au collège.



29/12/2018
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