Etoile 10 (pour DYS)

Etoile 10 (pour DYS)

la vie d'une enfant dysfférente


L'emploi du temps (de ministre) de nos DYS

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Dans ma vie professionnelle, j'ai parfois eu comme responsable ces directeurs (-trices) débordés, dont l'agenda était booké des semaines à l'avance à la demi-heure près, et quand vous aviez besoin de leur faire un point d'avancement de 10 minutes sur un sujet, ils nous renvoyaient vers leur "assistante" pour caler un creneau.

 

Vous avez aussi certainement de la même manière vécu cela quand vous cherchez à avoir un rendez-vous médical en urgence, par exemple pour des problèmes oculaires, et la secrétaire de l'ophtalmogue le plus diligent pouvait vous dégager un creneau d'un quart d'heure trois semaines plus tard.

 

Aujourd'hui, j'ai parfois l'impression d'être devenue cette assistante qui gère l'agenda de ma fille...

 

Fort heureusement pour elle, elle a beaucoup d'énergie, elle serait même demandeuse d'un peu plus de sport. Mais elle a fini par comprendre que rajouter encore une activité régulière allait la priver d'activités ponctuelles comme d'aller au cinéma, d'inviter des copines, ou simplement se reposer (euh....à quoi ça sert, au fait, de se reposer?)

 

Alors, par quoi commencer... Deux secondes, je regarde son agenda...

La liste de ses activités scolaires

 

Ma fille est scolarisée normalement. Elle a donc cours du lundi au vendredi, comme tout le monde dans sa ville.

 

Comme tout le monde, et bien que cela soit interdit, elle a aussi des "devoirs". Personnellement, je trouve cela très bien, car elle ne mémorise pas grand chose de ce qu'elle a fait à l'école. Je la soupçonne même d'observer avec curiosité et un détachement certain tous ces élèves attentifs et cet enseignant très sérieux raconter des choses très ésotériques pour elle. Car le soir, elle sait qu'elle a fait par exemple maths ou géographie, mais elle est généralement bien incapable de me donner le sujet de la leçon. Sauf si elle a dû dessiner, colorier ou construire. Preuve en est (si j'avais encore des doutes) que l'apprentissage ne passe pour elle ni par l'oral, ni par l'écrit.

 

Donc les devoirs et les leçons à la maison, je suis pour, bien évidemment car c'est à ce moment-là qu'elle apprend. Dans mon organisation rêvée, j'aimerais l'envoyer à l'école pour le sport, les récrés et la cantine, parce qu'elle aime bien. Et la récupérer pour les temps d'apprentissages purement "scolaires". Qui ne s'élèveraient pas à six heures par jour. Je crois que 3 suffiraient largement...

 

En attendant, comme vous l'avez compris, je subis un système insatisfaisant. Je dois donc intégrer le temps des devoirs dans son agenda de ministre. Ce qui est particulièrement difficile  à quantifier car totalement imprévisible! En fonction de la quantité donnée, mais aussi du sujet abordé, de son état émotionnel et de sa motivation, on peut y passer 15 minutes... ou beaucoup plus. Les devoirs méritent un article à part entière tellement c'est un sujet sensible, et qui met en oeuvre des compétences multiples et que je ne soupçonnait pas chez moi.

 

 

 

La liste de ses rendez-vous avec ses "thérapeutes"

 

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Comme l'éducation nationale ne peut pas s'adapter aux modes d'apprentissages de ma fille, ma fille doit suivre un certain nombre de séances pour s'adapter à elle. Certes, tout n'est pas inutile... Pour les (heureux ) non-initiés, récapitulons brièvement ses séances hebdomadaires et à quoi elles lui servent:

 

- l'orthophoniste pour le langage oral: en tant que dysphasique, il y a du boulot. C'est sa plus vieille discipline (7 ans d'entrainement à l'âge de 10 ans!). Aussi étonnant que cela puisse paraitre, il n'est pas si fréquent que cela de trouver une orthophoniste qui s'y connaisse en dysphasie. Certaines disent clairement préférer prendre d'autres enfants plus simples à gérer (je les appelle les "enfants qui zozotent"), c'est tout aussi rémunérateur et  moins impactant. Parce que l'enfant qui zozote, si vous lui dites, il finira par arrêter. Et s'il n'arrête pas, il sera au pire un adulte qui zozote et c'est tout. J'ai fait le compte récemment et je suis arrivée à sept. 7 quoi? 7 orthophonistes  que ma fille a usées. La "pire" étant celle qui a déclaré qu'elle n'avait "aucune appétence pour la communication". Ceci dit, certaines sont très bien (oui, vraiment!) ce doit juste être ma fille qui est particulièrement ... hum hum.. On va dire : sélective? Aujourd'hui, elle a repris les séances avec une nouvelle, et je dois vous avouer que je ne l'ai même encore jamais vu (c'est son père qui s'y colle).

 

- l'orthophoniste logico-mathématique: ah celle-là! Elle est extraordinaire! Et on voit les progrès! Ma fille entre peu à peu dans l'univers très énigmatique des nombres. Elle additionne, soustrait, tout ceci par le jeu et la manipulation. Une gymnastique intellectuelle se met en place dans ce domaine. Ce n'est pas encore le futur Nobel de maths (ah non, il n'y en a pas, zut), mais sa neuropédiatre a évalué son niveau en maths à celui de CE2 (elle est en CM1).

 

- l'orthoptiste: avant d'avoir ma fille, je pensais que l'orthoptiste était cet "oeillologue" qui nous faisait loucher sur un crayon pour muscler nos yeux et donc améliorer notre vue. Il semblerait que ce métier soit un peu plus varié que cela. Ayant un "trouble persistant de l'exploration visuelle" (autrement dit: aucune stratégie oculaire), les séances lui ont permis d'être capable de balayer correctement une feuille de papier (avec le regard, et sans aspirateur, voyons!), ce qui permet en gros.... et bien: de lire!

 

- l'ergotherapeute: c'est le "petit dernier", et, autre particularité, c'est un homme! Incroyable, certains mâles s'interessent donc aux enfants qui dysfonctionnent! Je n'ai pas encore assez de recul pour parler de son travail et de son efficacité, mais sa tâche consiste tout simplement àregarder ce dont ma fille a besoin et de lui apporter l'aide sur ces sujets. La commande de la neuropédiatre en nous envoyant le voir était d'apprendre à ma fille à utiliser le clavier, et éventuellement retravailler le graphisme. Il l'aidera aussi à s'organiser, reprérer les consignes, travailler avec méthode... Bref, y a qu'à demander! A condition bien-sûr que ma fille accepte de coopérer. Et déjà, elle a refusé le clavier. Voilà, voilà.....

 

- l'art-thérapeute: ma fille grandissant, elle a aussi besoin d'un espace d'expression (non verbal, si possible) pour libérer son anxiété, ses complexes, ses freins... ce qu'elle veut. Sans le regard de personne. Elle a débuté l'art-thérapie depuis quelques mois et c'est elle qui a voulu poursuivre. So.... Elle y va deux fois par mois.

 

Ponctuellement, elle est également suivie par une neuropédiatre et effectue des bilans chez une neuropsy ou autres disciplines variées. Elle a par exemple passé une nuit dans un service du sommeil, couverte d'électrodes pour vérifier qu'elle ne faisait pas d'apnée du sommeil. Résultats: pas d'apnées. Elle ronfle juste... (pas besoin d'electrodes pour le deviner). On nous incite fortement à lui faire passer un IRM. Après, ce sera des bilans génétiques... On ne s'ennuie jamais avec une petite DYS...

 

- Je vous vois venir, vous allez me dire: et la psychomotricienne alors? Pourquoi elle ne fait pas partie de la liste? Et oui, vous avez raison! En plus c'est ludique, elle a un trampoline dans son bureau! Oui, mais non, on a dû faire des choix et ce fut la perdante au jeu des chaises musicales... (mais elle a quand même pratiqué la discipline pendant 4 ans)

 

 

 

La liste de ses activités extra-scolaires

 

Je souhaite pour ma fille une vie ordinaire, même si, de fait, vous avez vu que ce n'est pas le cas. Elle m'a demandé récemment si elle n'aurait pas eu tout ces problèmes si elle avait eu un autre prénom, la pauvre bichette. Du coup, j'ai mis un point d'honneur à ce qu'elle s'épanouisse dans des activités sportives, pour lesquelles elle n'a aucun souci, et en plus qui lui permettent de travailler la coordination de façon plus performante que lors de la séance de psychomotricité.

 

Elle fait donc du hip-hop, danse hyper tonique et scandée, qui correspond tout à fait à son caractère. Cela lui permet d'apprendre à respecter le rythme (comprenez pour elle: ralentir). Sinon, elle se fait remarquer et l'ensemble est fichu! Elle apprend aussi à s'ouvrir aux autres dans groupe, et même à surmonter son anxiété en dansant sur scène!

 

Elle pratique également l'équitation, où la coordination est importante aussi: elle doit être en phase avec son cheval.Et bien-sûr, le contact animal est très riche.

 

Elle aimerait bien trouver le temps de faire du badminton, mais c'est moi qui est posé mon véto.Pourquoi? Parce que même les canards ont des limites.

 

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Bon et bien voilà! Finalement, ce n'est pas si compliqué que ça! Pas de quoi en faire tout un plat, allez hop! Que je reprenne mon activité professionnelle à temps plein et sans ronchonner! De toute façon, je n'ai pas besoin de dormir 8 heures par jour...

 

 

 


30/11/2016
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Autisme et Dysphasie : pourquoi on peut les confondre

La dysphasie:  le diagnostic « prise de tête »

 

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Poser le diagnostic de dysphasie est une des choses les plus ardues qui semble exister. Je parle souvent de la dysphasie de ma fille, car ce terme a été rapporté dans de nombreux bilans, y compris ceux de la neuropédiatre, mais en réalité, elle en a tous les symptômes sans qu’il soit absolument certain qu’elle le soit (il manque quelques examens cliniques sur lesquels j’ai des réticences personnelles).

 

En effet, la dysphasie est comme l’espérance dans la boite de Pandore : la seule chose qui reste quand tout le reste s’est envolé.

 

Je m'explique:

 

Est dysphasique l’enfant qui n’est pas sourd, qui n’est pas déficient intellectuel, qui n’est pas autiste, qui n’est pas perturbé (voire traumatisé) psychologiquement, qui n’est pas épileptique, qui n’a pas eu de micro AVC (ces 2 derniers points ayant pu engendrer des lésions cérébrales), etc.

 

En ce qui concerne l’autisme, ce diagnostic n’a jamais été évoqué pour ma fille. Seule la neuropsychologue l’a très brièvement suspecté quand elle l’a vu entrer dans son cabinet, par son attitude de repli et de recul. Mais dès lors qu’elle a établi un contact visuel, ce doute s’est envolé.

 

Je me suis donc souvent demandée avec surprise pourquoi et comment on pouvait confondre autisme et dysphasie.

 

Certes, les deux ont généralement un gros problème dans l’acquisition du langage. Mais enfin, c’est un peu court !  Pour moi ma fille est extravertie, sociable et adore communiquer, même si le langage oral n’est pas son mode de communication naturel (c’est le moins que l’on puisse dire).

 

Je me rends compte aujourd’hui de mon ignorance en la matière, particulièrement sur les troubles autistiques. En effet, croire que les autistes n’ont pas envie de communiquer est une bêtise fondamentale. Qu’ils aient du mal à le faire en revanche est une réalité partagée avec les dysphasiques.

 

 

En lisant le livre-témoignage de Josef Schovanec « je suis à l’Est- Savant et Autiste », je réalise  pourquoi il peut être si difficile pour les professionnels de poser un diagnostic clair entre l’autisme et la dysphasie.

 

J’y ai découvert (au moins) trois points majeurs en commun et j’en acquiers même une compréhension plus subtile de ma fille.

 

La difficulté à se repérer dans les codes sociaux (verbaux)

 

Josef Schovanec raconte avec beaucoup de drôlerie tous ces petits détails totalement anodins pour nous, mais qui sont un mur quasi infranchissable pour lui.

 

Prenons par exemple l’acte le plus banal qu’il soit : dire « bonjour » aux personnes qu’on rencontre. Il raconte qu’il avait appris qu’il fallait dire « bonjour monsieur » aux hommes, et qu’il avait donc commencé à le dire à ses camarades de classe en primaire. (Il avait vite arrêté vu les réactions suscitées). Ou alors plus tard à la fac : doit-on dire bonjour à tout le monde ? Et une seule fois par jour suffit-il ? Bref, des questions existentielles pour lui, qui nous paraissent complètement déplacées pour nous, qui le faisons si naturellement.

 

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Pour ma fille, dire bonjour n’est toujours pas si naturel que cela à 10 ans. C’est aller à la rencontre de l’autre spontanément et en confiance, sans pouvoir prévoir comment cet autre réagira. Et j’imagine qu’elle doit douter de l’attitude à adopter, et active automatiquement le 2ème point commun que je vais évoquer dans le paragraphe suivant.

 

Prendre un téléphone pour passer un coup de fil, entrer dans un magasin ou un restaurant, sont des actes aussi difficiles pour lui (comme - de façon certes atténuée - pour ma fille), car c’est, de son propre aveu, aussi énigmatique que d’aller visiter les martiens dans leur soucoupe volante.

 

La franchise est, elle aussi, un aspect de ces non décodages sociaux. Car bien évidemment, on ne nous demande jamais une totale franchise dans nos rapports quotidiens. A la simple question : « comment vas-tu ? », à part les très proches, on nous demande de répondre « bien, merci ». Et non pas d’évoquer tous nos maux physiques et états d’âme.

 

Josef Schovanec raconte beaucoup d’anecdotes de ce style et à quel point c’est difficile pour lui de saisir ce qu’il est de bon ton de dire, et ce qu’il ne doit pas l’être. Par exemple, on lui avait demandé d’évaluer par écrit avec franchise un de ses professeurs à science po, et il l’avait donc fait. Il n’explique pas le détail de cette lettre, mais en éprouve aujourd’hui une certaine gêne, car il l’a revu 10 ans après et cet homme très important lui a ressorti la lettre !

 

Pour ma fille, une question posée amène une réponse honnête. Le filtre des codes sociaux (c’est-à-dire ce qui est induit, non-dit explicitement) n’est pas intégré. Je parle bien là au niveau du langage, car en ce qui la concerne, elle décrypte très bien ce qu'il convient de faire face aux autres en mode non verbal.

Petit exemple récent. Mes enfants se chamaillent. Je leur dis d’arrêter une fois, deux fois, trois fois… Je finis par leur dire : « combien de fois je vous ai dit d’arrêter ? ». Elle me répond : « trois fois ». Je réponds donc qu’il est temps d’arrêter. Et là, son grand frère prend le relais : « Tu sais, répondre comme ça à cette question est insolent. Quand maman te dis ça, ça veut dire qu’il est temps d’arrêter. Alors tu réponds « pardon » et tu arrêtes. » 

Le trouble anxieux

 

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Je suis convaincue depuis pas mal de temps maintenant que le trouble anxieux est LE gros handicap de ma fille. En effet, c’est lui qui l’empêche de se lâcher sans ses apprentissages. C’est lui qui la retient d’aller vers les autres avec fluidité et naturel. C’est lui qui la retient d’OSER, même si c’est faux, même si c’est imparfait.

 

Josef Schovanec nous raconte beaucoup d’anecdotes qui montrent à quel point l’anxiété sociale lui est dommageable. Aller dans la vie avec confiance et sans préparation est impensable pour un autiste. Il doit anticiper les trajets, repérer les lieux et préparer un lourd sac de secours pour tout déplacement (une lampe de poche en fac en cas de panne de courant ? sérieusement ?). L’inviter gentiment à une soirée  de façon impromptue le fait fuir à toutes jambes (comprenez : littéralement !).

 

Je dois dire qu’à sa lecture, je comprends mieux les angoisses de ma fille. Elles ne sont pas gérables, elles sont réelles et on ne peut pas les minimiser en disant simplement : « mais ça va aller, ne t’inquiète pas ! ». Elle a, comme Josef Schovanec, besoin de se projeter dans l’évènement, de façon à pouvoir l’appréhender dans les grandes lignes (les petites lignes, ce serait mieux aussi). Elle se refait le film très souvent avant qu’il ne se passe quelque chose.

Elle me demande le lundi matin ce qu’on va faire le dimanche. Elle apprend à gérer : « oui, c’est vrai, on n’est que lundi ».

 

Son ergothérapeute vient faire la séance un jour par semaine dans son école. Cela a été source de stress monumentale à l’idée qu’il viendrait à l’école : Où ? Dans quelle pièce ? Est-ce que cela finira avant la fin de la récré ? Est-ce que ses copines le verront ? Et si oui, continueront-elles à être ses copines ? (il faut impliquer tout le monde pour la rassurer : l’ergo, le maitre, le directeur, les copines…). Une fois que cela est calé, l’ergothérapeute me demande la semaine suivante de décaler exceptionnellement la séance de 8h30 à10h : euh….. Comment dire ?

 

L'auto- dévalorisation

 

Je serai brève sur ce point car il est issu d’un gros défaut de confiance en soi (qu’on retrouve certes chez beaucoup de personnes sans troubles Dys ou autistiques, mais qui provient de ces difficultés). Il est comme une évidence acquise pour Josef Schovanec (au moins enfant) ou ma fille le fait d’être moins bien que les autres. Leur importance est moindre et on ne va pas déranger des personnes importantes pour eux.

Pire pour ma fille : « je n’ai aucune compétence particulière, c’est normal… »

En revanche, la lucidité de Josef Schovanec sur ses connaissances étendues peut au contraire le faire apparaître comme terriblement supérieur…

 

Finalement, la dysphasie de ma fille me permet d’accéder à une tolérance et compréhension accrue de nombreuses différences, allant bien au-delà des troubles de ma fille. Une richesse de plus à ajouter dans ses compétences ;)


09/11/2016
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Dysphasie: les sons impossibles

Parler, est-ce vraiment si simple?

 


Long et laborieux est l’accès à une parole fluide et compréhensible pour les petits dysphasiques. Ce qui est si naturel pour les non dysphasiques est d’une complexité sans nom pour eux.

 

Imaginez un peu ce qui se met en marche quand on parle :

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  • les sons à prononcer
  • les sons à enchaîner 
  • les phrases à construire
  • les verbes à conjuguer
  • les pluriels et les féminins
  • les mots à mémoriser
  • les mots à savoir ressortir au bon moment
  • le temps à utiliser
  • pour les petits francophones : les liaisons, les exceptions…. le joli zarbre, par exemple...
  • L’intonation, le ton employé
  • sans compter tout ce que j’oublie ;)

 

Les embûches et pièges sont innombrables. A croire qu’on a complexifié le langage exprès pour en laisser certains sur le carreau !

 

Seules des personnes ayant ces troubles du langage peuvent nous aider à réaliser que parler, même si c’est un apprentissage naturel pour la plupart d’entre nous, est et reste un miracle de notre cerveau.

 

Pour ma fille, inutile de vous dire que tout est compliqué.  Parlons déjà de l’apprentissage de certains sons, qui a été très problématique.

La prononciation...

 


A 10 ans, je qualifierai la diction de ma fille comme étant approximative. Disons qu’on la comprend si elle parle suffisamment fort et surtout suffisamment lentement. Mais comme elle ne perçoit pas la différence entre certains sons, forcément, lorsqu’elle parle, on ne le perçoit pas non plus. Les plus communs sont les j/ z/ ss… le sien et le chien, laisser et lécher, bisou et bijou, etc…A la limite, cela passe pour un défaut de prononciation sans gravité.

 

Certains sons ont été très longs à acquérir, je me demandais même s’ils allaient finir par venir. Heureusement, parfois, des déclics se produisent !

 

Je vais vous raconter une petite anecdote qui va vous montrer à quel point il ne faut JAMAIS négliger la motivation et le sens dans l’apprentissage !

 



Ma fille n’arrivait pas à prononcer les sons « v » (et « f » dans une moindre mesure).

Le son «v » surtout est un souvenir vivace dans ma mémoire, car jusqu’à 5 ou 6 ans elle ne le prononçait pas du tout. Pendant quelques années j’ai eu tout le loisir de réaliser que la langue française en était truffée : vie, voiture, volant, vitesse, va, vraiment, vent, violent, voleur, valeur,  rêver, voir, vêtement, veste, viens, vert, violet (aïe ! en plus sa couleur préférée ! )… pour n’en citer que quelques uns.

 

La maîtresse de grande section ou de CP avait eu la malice à Noël de leur faire apprendre la chanson : « vive le vent ». Et je me rappelle l’avoir enregistrée pour qu’elle s’entende : «petite fille glace.jpg yi yeu yent, yi yeu yent ! yi yeu yen d’h’iyer ! » Elle était joyeuse et sans complexe, c’était très drôle.

 

Et puis l’été est arrivé et avec l’été, les glaces ! Pour ma fille, ce mot représente quelque chose d’important : dès qu’elle l’entend, ses yeux pétillent et ses lèvres sourient, c’est plus fort qu’elle !

L’avantage des glaces, c’est qu’ils ont plein de parfums. Et parmi les plus communs : vanille fraise.

Un soir en vacances (oh encore un «v » !), avec son frère et moi chez ses grand-parents, pendant le dessert (devinez ce que c’était…), on lui a parlé  de« VVVVanille » et de « FFFraise ». Motivée, elle a répété. Et là, magie ! Le VVV et le FFF sont sortis distinctement pour la première fois de sa bouche ! ça y est ! Elle avait compris le truc ! Les sons « v » et « f » étaient entrés dans son vocabulaire ! Croyez-moi sur parole si je vous dis que ce fut un progrès significatif pour la comprendre !

 

Ce qui a été su un jour ne le sera pas forcément toujours...

 

Cependant, ce n’est pas tout à fait acquis et certains sons ne sortent toujours pas spontanément. Question de défaut d'automatisation, comme pour la dyspraxie.

 

Exemple : qu’est ce qu’il y a entre le jeudi et le samedi ? Le vendredi (oui encore un v, décidément…): seul et isolé, elle va le dire correctement. Mais dans une phrase c’est systématiquement « rendredi »

Pourquoi tu dis toujours rendredi ? « ah ben c’est l’habitude, ça sort comme ça … »

Tout comme: "je va à l'école" par exemple...

 

Aujourd’hui, on la comprend, et elle parle de mieux en mieux, donc les progrès sont là. Mais il faut quand même tout le temps la cadrer : lui dire de ralentir, lui faire poser le contexte… Et dès qu’elle est fatiguée ou énervée, cela repart en vrille.

 

Notamment sur le ton, qui est très vite ultra-autoritaire !

(cf. particularité 9 de mon article "comment communiquer avec un dysphasique")

 

 

 


14/10/2016
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La dyspraxie : vivre avec Gaston Lagaffe

Je pars du principe que le monde entier connaît la dyspraxie. Sinon, lisez ceci (je vous préviens, c’est le site de l’orthophonie, c’est moins rigolo que le mien)

Pour faire très très simple, c’est la non automatisation des gestes du quotidien… Du coup, tout devient un effort de concentration et vous entendrez parler de grande fatigabilité de l’enfant (ou adulte).

 

En préambule...

 

Je vais vous parler ici de mon vécu avec la dyspraxie de ma fille, qui n'est pas LA dyspraxie, applicable à tous les profils. En effet, selon, les bilans, elle est dyspraxique, ou "seulement " avec troubles praxiques. J'ai conscience que certains le sont beaucoup plus lourdement qu'elle. Pour sa part, elle est très à l'aise en sport, sauf en ce qui concerne la motricité plus fine. Elle court vite, fait du vélo sans problème, escalade mieux que beaucoup et joue au ballon normalement (même si elle marque parfois contre son équipe, mais ça c'est un autre sujet ;) )

 

En revanche, elle est très gênée pour écrire ou dessiner; couper la viande lui demande plus d'efforts que les autres, et elle fait preuve de maladresse dans baucoup de petits gestes quotidiens. Et là, je pense que beaucoup de parents d'enfants dyspraxiques s'y retrouveront...

 

 

Gaffeur comme Gaston Lagaffe, oui. Mais désinvolte et mou aussi ?

 

Dans le genre désinvolte et lymphatique à la maison, c’est pas ma fille,  c’est plutôt son ado de grand frère. Il y a en effet des dyspraxiques hypotoniques (ce n’est pas le cas du frère non plus, il est juste ado :)  ). Moi, j’ai plutôt le modèle opposé : hypertonique !

 

Devinette du jour de ma fille (véridique!) : « qu’est ce qui saute et qui court partout? ». Après avoir donné ma langue au chat, elle me répond : « ben : moi ! ». Voilà….

 

Je lui cours toujours après. Quand elle apprend ses leçons, c’est le seul moment dans ma vie où j’ai le mal de mer, tellement elle saute et marche dans tous les sens (je devrais arrêter d’essayer de la regarder…). Plus petite, elle gigotait tellement sur sa chaise ou le canapé qu’elle en tombait régulièrement. Et lorsqu’il s’agit de sortir ou d’aller chercher quelque chose dans une autre pièce, elle est toujours la première partie !

 

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Bref, si je devais imaginer le personnage de dessin animés qui la qualifierait le mieux, j’arriverai à un assez drôle de mélange : Speedy Lagaffe , un croisement entre speedy gonzalez et gaston lagaffe. Bon, l’avantage, c’est que les bêtises sont plus vite faites. C’est pas au ralenti, hein ?

 

Au delà de cela, sérieusement, elle a la rapidité et l'espièglerie de speedy gonzalez. Mais elle a aussi la créativité, le côté décalé et le goût des animaux de Gaston... Sans oublier bien sûr la maladresse!

 

 

Les gaffes du matin…

 

Voici deux exemples, on va dire deux journées types. Nous sommes le matin, à l’heure du petit déjeuner, à quelques minutes de partir à l’école (et moi au travail)

 

  • Journée 1 : Que veux-tu boire, ma poulette ?

Un verre de jus de mangue ! Bonne idée : tant qu’à faire c’est le plus collant des jus de fruits ! Lorsqu’il est bien rempli, elle se penche pour attraper le pain et le verre valdingue par terre: qui a mis le verre entre elle et le pain, aussi !? Bref, ça dégouline sur la table, sur la chaise, sur le sol et la tenue est à changer (en plus, c’était son t shirt préféré, le drame, quoi !!!!!)

 

  • Journée 2 : Que veux-tu manger, ce matin ?

Une gaufre.

Ok… Elle ouvre le sachet d’une gaufre un peu vivement, je vois la gaufre traverser la cuisine et atterrir sous le radiateur, qui n’a pas vu l’aspirateur depuis quelques temps…

 

Je dois dire (je reprends ma casquette de mère-imparfaite-et- fière- de- l’être) que je ne réagis pas toujours avec constance face à ces petits imprévus . Parfois je ne peux m’empêcher d’éclater de rire (vol de gaufre en cuisine), parfois je monte dans les aigus (vol de verre de mangue sur le carrelage à 3 minutes du départ-déjà-en-retard-à- l’école). Ce qui (tous les psy vous le dirons), n’aide pas l’enfant à avoir un repère stable : "maman, mes maladresses, c’est drôle ou c’est grave ? " CA DEPEND !!!!!!!!!!!

 

Le départ à l’école se fait généralement barbouillée de dentifrice, les chaussures mises à l’envers, et la capuche du manteau tourné vers l’intérieur. J’ai au préalable vérifié sa coiffure, sans cela elle finit la journée avec la coupe du cousin machin de la famille Adams (mais oui, vous le connaissez !)

 

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ci-contre, le cousin machin, ou potentiellement ma fille le soir si elle n'a pas été coiffée par mes soins

 

L’univers est fragile…

 

Avant l’arrivée de ma fille, il y avait mon expérience avec mon fils. Nous vivions dans un monde normal, où les jouets ne cassaient pas sous l’action d’un usage passionné, où les doudous ne durcissaient pas sous l’action prolongé de la succion. Le monde était ordonnée, je pouvais le laisser dans le salon, et le retrouver en l’état 30 minutes après. Après son goûter, je n’avais pas besoin de lessiver les murs, car le goûter allait dans son estomac, et non pas disséminé sur son t-shirt, ses doigts, la table, le sol, les murs… Bref vous voyez le genre.

 

Lorsque ma fille était petite, première surprise : ce qui était sur une étagère ne devait pas y rester. Cela semblait être un principe de base pour elle, et elle le respectait scrupuleusement. C’est beaucoup plus amusant d’étaler l’intégralité des  CD ou livres sur le parquet. En revanche, je dois dire que pour le rangement, pas de problème ! Elle est aussi d’une efficacité redoutable : en 30 secondes chrono c’est fait ! Plus rien ne traîne par terre ! Mais vous n’avez pas intérêt à éternuer devant l’étagère rangée par ses soins, sous peine que tout retombe par terre. Oui, c’est pas très stable…

 


Un jour alors que j’étais dans un grand magasin d’ameublement suédois très connu, je voyais une machine tester pendant des heures la solidité d’un siège. Sincèrement,
terre-cassée-600x366.pngje pense que ma fille remplacerait très efficacement cette machine et devrait être employée par cette chaîne pour tester la solidité du matériel. Rien ne lui résiste et si cela lui résiste, cela mérite un label ! Certifié testé par Alexia ! (c’est son prénom).

 

Vous voulez des exemples ! Vous l’aurez voulu !

 

  • Les colliers et bracelets : si vous souhaitez en offrir un à ma fille, commandez plutôt les par dizaine s’il vous plait ! Elle a une copine qui, depuis ses 3 ans, porte des petits colliers tout fins en or. Et je la revois quelques mois après, et le collier est toujours là ! Autant vous dire que pour ma fille, espérer qu’elle tienne 24 heures avec un collier comme ça intact autour du cou est de la pure science fiction !

 

  • Les stylos : ai-je bien compris le mode opératoire : écrire, c’est sur la feuille non ? pourquoi il y a autant d’encre sur la feuille que sur les mains, les vêtements, la table…  le visage ? Quand je la vois tenir son stylo ouvert, la mine dans sa main, pour... faire autre chose,  ou bien le poser la mine à l'air sur la feuille , et ça dérape, et hop, la feuille est zébrée de coups de stylos… j’ai des doutes… Sans compter que les stylos sont, comme beaucoup d’autres choses, très fragiles ET en plus : volatiles (je dois en acheter très fréquemment)

 

  • Les pierres : ma fille adore les pierres style améthystes, quartz, etc… Génial, me suis-je dit : ça ne casse pas ! Allons-y ! Et bien je peux vous assurer que si : ça casse. Et il semblerait même que j’étais très mal informée sur le sujet car c’est trèèès fragile !

 

 L’univers est humide aussi…

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Tous les jours j’assiste à de vrais miracles. Ma fille a une façon de tenir et transporter des objets qui cassent ou qui se renversent bien particulière. Je dirais que cela défie les lois de la gravité. Cette façon improbable de les tenir, de remplir un verre à ras bord, et rien qui ne tombe ! wouahh !!! C’est absolument magique ! Finalement, quand ça se renverse (et ce n’est pas tout à fait exceptionnel), c’est presque un soulagement : les lois de la physique n’ont pas été modifiées autour d’elle.

 

Vous n’avez jamais remarqué à quel point c’est difficile aussi de viser un verre avec un pichet d’eau ou une bouteille de jus de fruits. Difficile de faire un sans faute, et il faut généreusement arroser ce qu’il y a autour du verre.

 

J’avais vu une courte vidéo sur une petite fille dyspraxique, j’avais bien ri, et ceci de façon encore plus bienveillante que j’ai la même à la maison : elle renversait le lait, n’arrivait pas à ouvrir ses paquets, ni à se coiffer, refaisait 10 fois une figure de géométrie simple…

 

Je vous fais grâce de son écriture, de ses cahiers (« donne-moi ton cahier de leçons, pas ton cahier de brouillon ? ». Réponse : « mais maman, c’est bien mon cahier de leçons ! »). On retombe dans le scolaire, et là, je délègue généreusement la prise en charge aux enseignants, AVS et nombreux spécialistes…

 


13/10/2016
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les maths + ma fille, ça fait 2?

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Ma fille a de grosses difficultés en mathématiques. On l’a donc envoyée chez une orthophoniste logico-mathématique. Je veux revenir sur cette association logique- math. Ma fille n’est pas douée en maths, apparemment, mais peut-être parce que les maths ne sont pas très douées avec son fonctionnement à elle aussi, d’abord ! Elles sont tellement psycho-rigides, c’est toujours aux humains de s’adapter à elles ! Et en plus tout le monde leur fait des courbettes. Même avoir la bosse des math, c’est élégant. Pff, graine de tyrans, oui !

 

D’autre part, ma fille possède une très grande logique, comme je vais tenter de vous le montrer. Peut-être pas la logique des mathématiques, mais une logique indéniable.

 

L’univers des concepts manque certainement d’images et d’expériences vécues pour elle.Certainement que sa représentation des maths s'apparenteraient davantage à celle de l'arbre ci-contre...

 

 

Voici quelques unes des nombreuses expériences que j'ai vécues avec elle  pour vous permettre d'appréhender son approche toute personnelle de l'univers mathématique...

 

 

 

 

Le plaisir de manipuler

 

Ah ! c’est le grand truc à la mode ! Les enfants ont besoin de ma-ni-pu-ler pour comprendre, intégrer les concepts d’addition, de soustraction, de multiplication et de division… Oui, oui, manipuler, c’est bien, mais au bout d’un moment, comment dire ?... Il faut compter quand même !

 

J’ai testé avec différents supports :

 

o       pré-requis : assurez-vous que votre enfant ne compte pas 2 ou 3 fois le même objet… pour ma fille, j’ai choisi une méthode simple pour pallier à cela : à chaque fois qu’elle en manipule un, elle le déplace de l’autre côté d’une ligne pour être sure de tous les compter, et une seule fois chacun !

 

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o       les crayons de couleur : c’est une bonne idée sur le papier mais ils ont un énorme défaut que je n’avais pas identifié au départ : ils sont tous de couleur différente, alors au final, un crayon rouge + un crayon bleu, ça ne s’additionne peut-être pas si simplement que cela. C’est une logique qui se tient. Ne nous apprend-on pas qu’on ne doit pas additionner des choux et des carottes ? Alors pourquoi additionnerait-on du rouge et du bleu ?

 

Autre écueil : le choix. « J’en prend 3 ? Alors je prends le rose, le violet et le jaune, parce que c’est plus joli…  non plutôt le vert que le  jaune… ah non, il est un peu abîmé, alors on va plutôt prendre le bleu… Oui mais bleu et rose, ça va pas très bien ensemble, alors on va prendre le gris… non j’aime pas le gris, allez peut-être le rouge…(allez, on souffle, on est zen, on a tout le temps devant soi……….)

 

o       les billes : premier conseil : bien choisir des billes identiques ! (toujours capitaliser sur les expériences précédentes !).

 

Deuxième conseil : si vous habitez en appartement et que vous souhaitez conserver des relations cordiales avec votre voisine du dessous, mettez vous par terre sur un tapis pour faire vos expériences de manipulation.

 

o       les doigts : les premiers temps, il faut reconnaître qu’ils s’emmêlent facilement, … pourtant ils ne changent pas de place. On arrive parfois à en compter 11 ou 12 aussi… Et autant que vous le sachiez : une fois que le concept de 10 doigts par personne sera acquis, dès qu’on dépassera 10, vos mains seront sollicitées !

 

o       le boulier : c’est bien, mais c’est vite moins ludique… Oui vous aurez compris qu’il faut qu’il y ait du jeu. Mais ça reste une valeur sure : investissez dedans, même pour les enfants ne rencontrant pas de difficultés avec les maths.

 

o       les cartes : on oublie (cf. l’expérience des crayons !)

 

o       les noix ou noisettes : je recommande ! Très bien, tous assez semblables, de bonne taille pour la manipulation. Et en plus c’est très bon pour les neurones !  :)

 

 

L’expérience du bilan logico-mathématique

 

Comme j’ai eu la chance de pouvoir assister à la première partie du bilan, j’ai pu voir ce dont il retournait.

Par exemple, ranger par ordre «pour faire joli » (puis au vu du résultat: rectification de la consigne: pour que ça soit rangé), trier par thèmes (formes, couleurs, tailles...), ramener autant d'habits et de paires de chaussures qu'il y avait de poupées sur le bureau de l’orthophoniste pour les habiller…

 

Bref, les maths, ça sert à être efficace.

 

C’est bon pour les gens sérieux et importants, comme le comptable du petit prince ! Ou alors pour les fainéants, en manque d’énergie, ceux qui marchent à l’économie, ceux qui comptent leur pas, quoi ! Mais pour une petite fille joueuse, qui adore entrer en communication et pour qui bouger est 1000 fois plus naturel et facile que parler, à quoi bon chercher l’efficacité ??!!

 

Remplir un tableau de conversion

 

Une jolie méthode efficace mais sans aucun sens . Ma fille arrive très bien à convertir des litres en décilitres sur un tableau, mais dès que le tableau disparaît, et qu’on essaie de lui faire résoudre un problème avec des litres et des décilitres, elle est perdue. Ceci dit, je pense que c’est le cas d’au moins 1 enfant sur 2.

 

 

A chacun de trouver l’intérêt de compter

 

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Ok, on la bassine avec l’importance d’apprendre à compter. Oui, mais pour quoi faire ? Dans le monde de ma fille, qu’il y ait une quantité de 5 ou 6 choses, ça ne sert à rien. A table, elle amène 5 assiettes, et repart en chercher une sixième si elle voit qu’il en manque une. Voilà, pas de quoi s’embrouiller dans ses comptes, de mélanger ses doigts et de se faire mal au cerveau. Et en plus au passage, ça dégourdit les jambes.

 

Cependant, un soir elle a découvert l’intérêt de compter. Oui, elle m’a dit avec gravité alors qu’elle était en train d’additionner et de soustraire avec des autocollants : « tu sais, maman, c’est important de savoir compter. Imagine, si plus tard, j’ai 8 enfants, il faudra que je sache les compter pour pas que j’en oublie ! ». Voilà une vraie raison de savoir compter ! Il y a de l’humain, là-dedans, du rapport aux autres, et ça, c’est ce qui compte – sans jeu de mots.

 

Les mathématiques, c’est un langage

 

Et les dysphasiques ont un trouble structurel avec le langage. D’autant que quand nous sommes en France, nous avons la chance d’avoir un univers littéraire original : 70 s’écrit et se prononce soixante dix. Donc avec la logique de ma fille : 60-10.

80 s’écrira 4-20.

90 ?  4-20-10.

Ca ne va pas faciliter les comptes, on est d‘accord ! Je n’ai pas encore trouvé l’astuce pour résoudre cet obstacle, à moins de prendre le langage des belges (septante, octante, nonante), plus logico-mathématique, pour le coup, mais étant en France, si elle est la seule à l’employer, est-ce vraiment lui rendre service ?

 

La difficulté se poursuit après avec les nombres plus grands : exemple 154. premier réflexe : 15-4. Non, il y a combien de chiffres ?… ah oui, les centaines : alors un cent cinquante quatre. Logique ! 254, c’est bien deux cent cinquante quatre.

 

Alors, honnêtement : vous ne trouvez pas que ses réflexions font preuve de logique et de bon sens ?


17/09/2016
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